Le flamenco : une culture à la marge

Le voyage, c’est l’occasion d’explorer d’autres cultures, d’autres continents et d’autres manières de penser le monde.  

C’est toujours un moment que j’apprécie particulièrement, surtout quand j’ai l’occasion de voyager dans un pays qui me rappelle de près ou de loin l’Afrique. 

Le voyage me nourrit énormément mais aujourd’hui, il est bien plus difficile de voyager qu’avant.  

Cette année, j’ai décidé de me revigorer en Espagne pour prendre ma petite dose de vitamine D et visiter l’Andalousie. C’est une belle région à laquelle je me suis intéressée lorsque j’ai appris l’existence de plusieurs siècles d’échanges entre les peuples du sud de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique.  

L’interculturalité a toujours été une réalité et pourtant, lorsqu’on écoute les politiques, ils semblent parler des migrations comme d’un tout nouveau phénomène. Chaque année et chaque siècle, la libre circulation des personnes semble être une notion qu’on redécouvre. Mais s’il existe bien un symbole qui prouve la longévité de cette interculturalité : c’est la culture du flamenco. 

Le flamenco est un mélange entre 3 éléments : la danse, les instruments et le chant.  

Traditionnellement, le flamenco est considéré comme une musique espagnole et pourtant, c’est un art et un héritage gitan.   

Cachés dans les grottes de Sacromonte

Lors de mon séjour à Grenade, j’ai pu observer un spectacle dans une grotte gitane à Sacromonte.

Ce spectacle m’a particulièrement touchée et m’a permis de mieux comprendre les origines africaines du flamenco. C’est une musique mondialisée qui a des racines africaines, amazigh et afro-latino.

A Grenade, dans les montagnes de Sacromonte, se cachent des grottes qui avaient été construites par les Maures d’Espagne. “Après la reconquete espagnole, ces grottes sont devenues les habitations des personnes rejetées de la ville de Grenade : pas seulement les gitans, mais aussi les juifs et les musulmans de la ville.” Riley

C’était un lieu où les esclaves venus du continent africain ou américain, partis vivre en Espagne passaient du temps. On s’imagine souvent que les phénomènes de mélange de culture dans la musique sont nouveaux mais pourtant, ils ont toujours existé et le flamenco est une preuve tangible du brassage de cultures qui a influencé le sud de l’Europe.   

“Sacromonte était le cœur de la culture du flamenco. Les grandes grottes à la base de la montagne accueillaient des « fiestas », durant lesquelles les familles de gitans d’Espagne se rassemblaient pour chanter et danser.”Riley

Racines d’Afrique

L’influence africaine dans le flamenco est flagrante. La posture, les percussions, le mouvement des pieds… tous ces éléments ont des racines venant de la région du Congo. La communication entre le danseur, le musicien et la montée en crescendo de l’énergie dans la musiques s’inspirent des rituels de danses africaines. »  

Lorsque j’étais en Espagne, le spectacle de flamenco a été le premier spectacle que j’ai eu l’occasion de voir depuis la fin du confinement et ça a été un moment de pur bonheur.  J’ai trouvé que c’était une expression artistique qui transpirait la fierté.  

J’ai toujours trouvé que les Espagnoles étaient très fiers. Il y a une fierté dans leur manière de se déplacer, d’habiter l’espace, de s’habiller… La dignité fait pleinement partie de leur culture. Et j’ai toujours pensé que le flamenco était une énième façon de montrer cette fierté. Mais j’étais loin de me douter que le flamenco n’était pas purement espagnol mais provenait de différentes cultures marginales.

Le flamenco, c’est d’abord et avant tout, une culture influencée par des peuples oppressés. Le flamenco est le symbole de différents peuples vivant à la marge : les musulmans amazigh, les gitans et les afrodescendants. Toutes ces communautés vivaient dans des conditions très difficiles et pourtant, le symbole qui les rassemble, c’est un art qui transpire la fierté.  

Ce que je retiens de ce petit séjour en Espagne, c’est que même quand on vit à la marge, on peut le faire avec honneur et dignité. 

Sources et pour aller plus loin:

Il existe aujourd’hui de nombreux reportages et conférences sur le sujet car de plusieurs doctorants en histoire se sont intéressés à ce sujet : 

LES GROTTES DE SACROMONTE

Flamenco’s Afro-Andalusian Roots: The Music of Raúl Rodríguez

(Re)discovering the Roots of African Music in Spanish Flamenco Music and Dance

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