Entre secrets, souffrance et recherche de la vérité – Analyse du symbolisme dans “Black Earth Rising”

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J’ai enfin décidé d’analyser la série Black Earth Rising. Cette mini-série de 8 épisodes produite par la BBC et diffusée par Netflix en 2018 a créé une petite tempête lors de sa sortie. Beaucoup de critiques l’ont appréciée mais certaines personnes, surtout en France, ont critiqué la fiction et l’ont taxée de révisionniste
 

Kate Ashby, Black Earth Rising

Résumé de l’histoire 

Kate Ashby est une jeune rwandaise rescapée du génocide contre les Tutsis. Elle a été adoptée par Eve Ashby, procureure de justice, d’origine britannique. Lorsque la maman de Kate décide de prendre en charge l’enquête d’un ancien soldat du FPR, Kate le prend très mal. Elle est furieuse car elle estime que sa maman poursuit un héros qui aurait permis d’arrêter la guerre et de sauver des Tutsis. 
Dès le premier épisode, Eve Ashby est assassinée. Ce meurtre forcera Kate à replonger dans l’histoire du génocide rwandais pour mieux comprendre qui a tué sa mère adoptive.  

Dans cette saga de 8 épisodes, on retrouve un thriller très complexe qui parle des différentes facettes de la tragédie rwandaise.  

Le réalisateur et le scénariste s’intéresse beaucoup aux conflits complexes et il n’en est pas à son coup d’essai. En 2014, il avait écrit le scénario de la série The Honourable Woman qui parle du conflit israelo-palestinien. Pour lui, ‘The past isn’t dead, it isn’t even past’ et lorsqu’on regarde la série, on comprend très bien ce qu’il veut dire.  
 

Démêler le vrai du faux  

Cette série se base sur certains faits réels mais utilise également des personnages de fiction. Ce mélange des genres rend la série parfois difficile à digérer. On a du mal à comprendre où est la vérité et où est le mensonge. 

Il y a beaucoup de faits corrects mais comme l’a expliqué Hugo Blick (scénariste, réalisateur et acteur), la série n’a pas pour objectif de dénoncer les criminels de guerre mais elle donne une vision réaliste (bien qu’un peu romancée) du gouvernement rwandais. La série explique pourquoi ce gouvernement attise autant les passions. 

Le réalisateur est très suspicieux en ce qui concerne la vérité. Les vérités sont très flexibles et peuvent changer en fonction de qui possède et contrôle l’accès à l’information. Pour lui, il était essentiel d’explorer ce drame des 2 côtés de l’affaire. « J’ai tout fait pour essayer de sortir de la polarité pour trouver un juste milieu. »  

« La série fait écho à une crise plus récente, le génocide en République démocratique du Congo mais aussi plus généralement à la façon dont l’Occident traite les criminels de guerre.” Qui sont les condamnés ? Qui sont ceux qui sont ignorés et surtout, pourquoi ?  

Le symbolisme de la série 
 

J’ai parfois eu du mal à comprendre tous les symboles présents dans la série. J’ai souvent dû faire des recherches pour mieux les comprendre.  
 

  • L’eau  

Kate Ashby fait régulièrement des sports aquatiques. Elle est souvent dans l’eau et c’est intéressant car l’eau représente la transparence. C’est une matière qui se laisse traverser par la lumière. C’est donc le symbole de la connaissance. Dans tout son périple, son objectif sera de découvrir la vérité et de retrouver ses racines.  

  • La maladie  

Presque tous les personnages sont, à un moment ou à un autre, malades. On parle beaucoup de cancers, de troubles psychiatriques et de médicaments. La maladie s’empare de leurs corps car la culpabilité, la haine ou la tristesse les rongent. « Les génocides tuent bien après leurs événements.« 

  • Les secrets 

Pour le scénariste, il y a des secrets qui possèdent et emprisonnent. Les secrets peuvent nous tenir en otage mais pour évoluer, il faut libérer ces secrets.” Dans Black Earth Rising, il s’est intéressé à ce que peuvent représenter ces secrets, lorsqu’ils existent au niveau étatique. La série tente de comprendre qu’est-ce qu’un secret d’état ?  

La série réussit un tour de force que j’ai rarement vu auparavant : elle tente de représenter les souffrances et les complexités des 2 camps. La série présente les arguments des perdants et des gagnants de la guerre sans diaboliser ou enjoliver les parties prenantes.  

J’apprécie le fait que le réalisateur ait choisi d’utiliser des dessins et des images de synthèse pour représenter les atrocités, ce qui est rarement le cas dans les documentaires à ce sujet.  

Cette série a tout pour plaire mais certaines lenteurs et certaines incohérences culturelles m’ont dérangée. Cependant, Black Earth Rising est une bonne série et représente une très bonne introduction à la complexité de l’histoire rwandaise. 

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