Une décénie pour s’occuper de soi…

J’ai eu la chance de pouvoir me concentrer sur mes propres désirs en 2019. Entre autre, grâce à la fin de mon cursus scolaire et à ma vie de célibataire. Je sais que c’est un vrai luxe de ne penser qu’à son propre bien-être lorsqu’on est une femme noire.

Ce qui est intéressant c’est qu’en créant ce blog, je ne pensais pas que la misogynoir serait un sujet aussi prévalent dans mes posts. Mais aujourd’hui, j’avais envie de parler de l’un des aspects de la misogynoir qui rejoint mon article précédent au sujet des femmes potomitans. 

La misogynoir, c’est une forme de misogynie qui touche de manière spécifique les femmes noires car elles se trouvent à l’intersection du sexisme et du racisme.

Dans la culture populaire, elles sont vues comme gentilles et empathiques. Par exemple, lors du discours de Jesse Williams au Bet Awards: “Now, this is also in particular for the black women who have spent their lifetimes dedicated to nurturing everyone before themselves.”

Mais elles sont également considérées comme fortes et indéstructibles. Il y a tous ces tableaux qui montrent des mamans qui travaillent dur tout en ayant un bébé sur le dos.

Tous ces aspects de la culture afro sont toxiques pour les femmes noires.

Je suis tombée sur un article belge qui parle du type de travail qu’exerce les femmes migrantes. C’est un article qui montre les spécificités du travail féminin lorsqu’il est genré et racialisé.

Souvent, elles exercent des carrières épuisantes et travaillent en tant qu’infirmière ou aide-soignante. Il y a une double peine car ce sont des métiers qui nécessitent une force physique et en même temps, ce sont des métiers du soin typiquement féminin, pas très bien payés.

« Historiquement, si l’on suit la théorie de Michelle Perrot (1987), un métier est considéré comme « féminin » selon deux critères. Il faut d’abord que les fonctions professionnelles comportent des tâches de care, qualités féminines dites « naturelles » (douceur, compréhension, agilité manuelle, patience). Il faut ensuite que l’activité soit jugée « peu accaparante » et conciliable avec les tâches ménagères et le bon maintien d’un foyer.

Le traitement de charges lourdes (même s’il s’agit d’êtres humains) sont traditionnellement des tâches masculines. De plus, les horaires coupés, l’obligation de travailler les week-ends et les jours fériés, parfois de nuit, ne sont pas les caractéristiques d’une tâche « peu accaparante et conciliable avec les tâches ménagères et le bon maintien d’un foyer. »

Je souhaite surtout vous dire que vous avez toujours le choix. Je sais qu’on a été conditionné à toujours penser aux autres avant de penser à soi mais, c’est important de faire un travail sur soi car ce n’est pas une bonne chose. 

“In this country, Black women traditionally have had compassion for everybody else except ourselves. We have cared for whites because we had to for pay or survival, we have cared for our children and our fathers and our brothers and our lovers. (…) Our scarred, broke, battered and dead daughters and sisters are a mute testament to that reality. We need to learn to have care and compassion for ourselves also.”

Ce que je vous souhaite pour l’année prochaine et même pour la prochaine décénie, c’est de vraiment prendre soin de vous !

Sources :

https://time.com/4383516/jesse-williams-bet-speech-transcript

Dossier Migrants et métiers d’aide et de soins

I Am Your Sister: Collected and Unpublished Writings of Audre Lorde


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