Après Get Out, Antebellum confirme un renouveau dans le genre « horror movie »

Attention spoil (le texte ci-dessous contient le dénouement de l’intrigue. Revenez à cet article après avoir vu le film….

Si vous avez envie de frissonner ou de sursauter, il faudra passer votre chemin.

Antebellum est un film qui installe un climat anxieux. Cette angoisse n’est pas lié aux mauvais sorts ou aux esprits démoniaques, mais elle émane d’une menace tangible et bien réelle : celle de perdre sa liberté.

Le véritable monstre c’est le racisme.

Le travail forcé, le kidnapping et les mauvais traitements sont des actes d’horreur. Ca a été une réalité durant des siècles pour les afrodescendants et c’est cette violence qui fait d’Antebellum un film d’horreur.  

Initialement prévu pour une sortie au mois de mars, le film a été retardé à cause de la pandémie. Ce retard a permis d’ancrer ce film dans le présent et d’avoir une portée bien plus importante. C’est un outil supplémentaire de sensibilisation pour le mouvement black lives matter.


Le passé ne meurt jamais…

Il est intéressant d’analyser le comportement des policiers aujourd’hui et de le comparer aux surveillants des plantations durant l’esclavage car la brutalité envers les personnes noires fait partie d’un continuum. 

Dans le film, le personnage principal, Olivia est une écrivaine reconnue mondialement. Son statut ne la protège pas, bien au contraire. Après un kidnapping, elle se retrouve piégée et devient esclave dans un lieu cachée du Sud de l’Amérique.

Les femmes noires, premières cibles du cyber-harcèlement

Dans le film, les personnes réduites en esclavage, ne sont pas choisies au hasard. Ce sont des personnes emblématiques et intelligentes, qui créent de l’espoir et de l’admiration dans leur communauté.

Ca fait écho à un problème très répandu sur les réseaux sociaux. La plupart des femmes noires qui travaillent sur les questions de justice sociale sont extrêmement vulnérables. Elles sont harcelées et reçoivent des menaces. Je pense notamment à Rokhaya Diallo, Danièle Obono en France ou Mireille-Tsheusi Robert en Belgique. 

L’étude d’Amnesty International de 2018 est l’une des rares sources qui pointe du doigt ce problème :

« A partir de son étude, Amnesty International a pu fait plusieurs observations. Elle a ainsi pu déterminer que « les femmes noires sont prises pour cibles de manière disproportionnée, ayant 84 % de risques de plus que les femmes blanches d’être citées dans des tweets injurieux ou posant problème. Un tweet sur 10 mentionnant des femmes noires a un caractère violent ou problématique, comparé à un tweet sur 15 pour les femmes blanches. »Terra Femina

Dans le film, la silenciation est un thème récurrent. Le système est construit pour faire taire Olivia et éviter une révolte. Et malheureusement, ce phénomène va au-delà de la fiction.

Les femmes noires qui ont le courage de prendre la parole sont ciblées férocement. Et jusqu’à présent, Internet est un lieu où règne l’impunité. 

Ce film rappelle que nos droits peuvent nous être enlevés à tout moment et c’est pour cette raison que nos luttes sont indispensables à notre survie. 

A l’époque, Simone de Beauvoir en parlait très justement, en se focalisant sur les droits des femmes. Mais cette citation s’adresse à toutes les personnes oppressées :

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

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