Remettre la santé mentale au centre

Les sportifs de haut niveau sont des icônes qui nous inspirent. Ils maitrisent l’art de la discipline, de la ténacité et de la bravoure.  Mais ce que nous ont prouvé Naomi Osaka et Simone Biles, c’est qu’il fallait beaucoup de courage pour embrasser ses vulnérabilités.  

Une enfance dérobée 

A seulement 24 ans, Simone Biles a le parcours d’une battante.  

Sa maman était toxicomane, alcoolique et elle négligeait ses enfants. Après une enquête des services sociaux, Simone a rapidement été placée chez ses grands-parents. 

Durant son adolescence, elle a subi les abus sexuels du médecin de l’équipe de gymnastique américaine, Larry Nassar et lors d’une interview télévisée, elle a expliqué avoir eu beaucoup de difficultés à pardonner l’institution sportive. 

“C’est dur de travailler pour une institution qui a n’a pas été à la hauteur. Pourtant, on a toujours fait ce qu’elle nous a demandé. Ils n’avaient qu’un seul travail mais ils ne nous ont pas protégées. (…) Aujourd’hui, je dois faire de la thérapie. Ça prendra du temps mais je suis forte et je sais que j’arriverais à passer à autre chose.” 

Protéger sa tête et son corps 

Ce que les médias n’ont pas assez mis en avant, c’est qu’elle n’a pas poursuivi la compétition en grande partie par peur de se blesser grièvement.  

Récemment, elle a raté une figure très dangereuse qui aurait pu lui coûter la vie.  

En annulant sa participation, elle n’a pas seulement protégé sa santé mentale mais elle a aussi choisi de protéger son corps. 

Aujourd’hui, les J.O insistent sur l’importance qu’ils accordent à la santé mentale car ils ont mis à disposition des participants un centre de santé avec plusieurs psychologues mais beaucoup de sportifs estiment qu’ils n’en font pas encore assez.  

De l’importance de changer la narration dans les médias 

Beaucoup de journalistes ont jugé très sévèrement les femmes qui ont décidé d’arrêter la compétition. 

Pour ces commentateurs, la génération Y et Z serait composée de jeunes trop fragiles, qui n’iraient pas jusqu’au bout de leurs projets par manque d’ambition ou de courage.  

Ce qui est sûr, c’est que les sportifs osent plus facilement parler de leur santé mentale. Ils n’hésitent pas non plus, à critiquer les médias et à dénoncer le comportement des journalistes sportifs qui les propulsent au sommet, puis les descendent aussitôt qu’ils ne correspondent pas aux schémas préétablis. 

Les réseaux sociaux ont également rendu les frontières entre vie privée et vie publique poreuses et il est très dur pour ces sportifs de se protéger.  

Dans une étude comprenant 18.000 données médiatiques (de médias en ligne, de journaux télévisés, radio…), 69% des commentaires négatifs mentionnaient des femmes athlètes, tandis que seulement 39% de ces mentions négatives parlaient des sportifs masculins. 

Pour Biles, la pression pour atteindre ses objectifs a été très compliquée à gérer et elle a estimé qu’il valait mieux protéger son corps et son esprit, plutôt que d’aller faire ce que le monde attendait d’elle.  

Simone Biles

Trouver de l’aide et redéfinir le mot force 

Seulement 30% des adultes noirs ayant des difficultés au niveau de la santé mentale, ont réussi à trouver l’aide médical dont ils avaient besoin en 2017. Tandis que les chiffres montent à 48% pour les adultes blancs aux Etats-Unis. 

Comme l’explique, Neal-Barnett, l’année 2020 a été très difficile pour les femmes noires à cause des problèmes de justice sociale et de la crise sanitaire. Pour elle, il est indispensable de pouvoir discuter de toutes ces difficultés avec un thérapeute.  “Nous n’avons pas le temps ou l’énergie d’expliquer à un thérapeute ce que ça veut dire d’être noir dans ce pays.” 

L’expérience de Simone Biles et de Naomi Osaka est très marginale car elles sont des femmes noires célèbres et elles font du sport de très haut niveau.
Il est très compliqué pour elles, de trouver des psychologues et/ou psychiatres capables de comprendre la pression que peut représenter leur métier.

En étant transparentes sur ce qu’elles sont en train de traverser, elles ont à nouveau démontré leur force et leur sagesse.  

Naomi Osaka (Photo by TIZIANA FABI/AFP via Getty Images)

Sources :

https://www.prevention.com/health/mental-health/a33686468/black-women-mental-health-crisis/

https://www.reuters.com/lifestyle/sports/biles-spotlights-mental-health-tokyo-covid-cases-hang-over-games-2021-07-28/

https://blog.iamsecond.com/why-simone-biles-announcement-might-be-the-next-great-olympic-moment

https://m.standaard.be/cnt/dmf20210727_96208557?fbclid=IwAR2oNZq_5T-qembcewHhHg_qWi0ojaGOFHMO7HgyTFlrAL0HHMVoPSJO9x8

-reckoning-around-mental-health-in-sport 

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